Qu’est- ce qu’un symbole
?
Le mot symbole vient du
latin symbolum, dérivant lui-même du grec
sumbolon, d’abord morceau d’un objet partagé
entre deux personnes pour servir entre elles
de signe de reconnaissance. Le symbole est,
quelque sorte, un pont jeté entre deux mondes
et destiné à les réunir. Ce n’est nullement
une image conventionnelle, une chose morte
et définie pour toujours, c’est au contraire
une image dynamique et bien vivante.
Prenons un exemple : si
vous regardez la lame XVIIII du Tarot, le
Soleil, elle va au début éveiller en vous
des résonances immédiates : le Soleil est
la chaleur, l’été, le rayonnement, le jour
; puis suivant le degré d’évolution de chacun
et la force de son imaginaire, d’autres
correspondances vont surgir : le masculin,
le père, Dieu, l’être réalisé, l’amour,
etc...
Au fur et à mesure de votre
progression et de votre descente dans l’inconscient,
le symbole va se révéler, s’enrichir et
vous enrichir. On peut dire que les symboles
nous relient à l’esprit, à l’âme universelle
du monde.
Je voudrai vous faire comprendre
la force du symbole et l’enrichissement
profond qu’il peut vous apporter. Appréhender
le symbole est ce qu’il y a de plus facile
et de plus difficile. De plus facile parce
qu’il faut laisser parler notre coeur, notre
âme, et de plus difficile pour la même raison,
parce que pour laisser parler notre coeur,
il faut faire taire notre mental, retrouver
notre spontanéité et notre créativité d’enfant.
Pour être vrai et efficace, un symbole doit
être simple. Plus un symbole est simple,
archaïque, primaire, plus ilo est nu, dépouillé
de tout superflu et de tout savoir mental,
plus il nous met en correspondance avec
notre âme, avec ce qui, en nous, est indéfinissable,
mais vit et palpite à la manière d’un oiseau
de l’esprit.
Cela est d’autant plus difficile
pour nous, hommes du XXIe siècle, qui vivons
dans la civilisation de l’image : l’illustré,
la bande dessinée, le cinéma, la télévision,
l’affiche, la photo, etc. Nous qui absorbons,
sans presque mot dire, toutes ces images
aseptisées et préfabriquées. Et pourtant,
aucune de ces représentations n’atteint
la richesse du symbole, immuable et infini.
Quant au langage, il a toujours
trahi les hommes. Au lieu de réunir,
il est le plus souvent source de discorde
ou d’incompréhension. Ce que les mots ne
peuvent traduire, ce que les mots omettent
ou ajoutent, peut être véhiculé par le langage
symbolique, langage de l’esprit, langage
qui transcende et amène à trouver un sens
à l’univers et à sa propre existence. Le
symbole amène l’homme à retrouver ses forces
vives en prenant contact avec la sacralité
du monde, ce qui l’amène dans le même temps
à prendre conscience de sa propre dimension
divine.
Prenez une lame au hasard
dans le paquet, ou bien allez vers celle
qui vous attire, et laissez-vous parler,
à haute voix même, cela peut vous aider.
N’ayez pas peur de dire des bêtises, tout
le monde est là pour travailler et faire
sortir de soi ce qu’il ressent. Cela est
d’autant plus valable si vous êtes seul,
de quoi avoir peur ? Personne ne sera là
pour vous montrer du doigt. Le symbole est
polyvalent, multiple, pluridimensionnel,
ambivalent. Il relève moins des disciplines
rationnelles que d’une certaine perception
directe.
En outre, le symbole est
une force unificatrice qui rassemble et
nous permet de dépasser la dualité à laquelle
nous sommes constamment soumis. Si une lame
vous rebute, résonne en vous, au début de
façon négative, disons plutôt avec crainte,
c’est parce qu’elle vous renvoie à des choses
désagréables, à des souffrances que, le
plus souvent, vous ne voulez pas voir. Mais
peu à peu, son langage muet, sa force de
pénétration vous révélera plus sur vous
que toutes les explications rationnelles
que pourrait vous fournir un docte spécialiste.
Au fil du temps, vous n’aurez plus peur
du Diable, de l’Arcane sans nom ou de la
Maison-Dieu ou de je ne sais quelle autre
lame, elles seront devenues des caisses
de résonance, des amies fidèles, signes
avertisseurs qui vous permettront de réctifier
votre conduite et de rassembler ce qui est
épars. (texte de Claude Darche)
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