|
Selon son disciple Jean-Aimé de Chavigny, Michel de Notredame serait allé, adolescent, poursuivre ses études en Avignon, et se serait intéressé à tous les phénomènes mystérieux d’alors, étoiles filantes, météores, astres, brouillards …. Il y aurait aussi appris la grammaire, la rhétorique, la philosophie.
Il passe son baccalauréat des arts, désirant être astrologue, mais son père l’oriente vers la médecine, métier jugé moins dangereux et dans le cadre duquel il peut exercer, conformément aux pratiques de l’époque, l’astrologie.
Vers 1520, la peste, apporté du Languedoc en Avignon, se répand dans tout le comtat Venaissin. La Faculté doit suspendre ses cours et Michel de Notredame, à peine âgé de vingt ans, apprend à combattre la terrible maladie.
Le 23 octobre 1529, Michel de Notredame est admis à la célèbre faculté de médecine de Montpellier, l’une des grandes universités médicales de l’époque.
Michel de Notredame s’installe comme médecin à Agen. La femme qu’il épouse (et dont on ignore le nom), fille d’un notable d’Agen lui aurait donné deux enfants, morts avec leur mère, lors d’une épidémie de peste.
En 1543, Michel de Notredame atteint la quarantaine, et se rapproche de la Provence : Vienne puis Valence. En 1546, il réussit l’exploit d’enrayer l’épidémie de peste à Aix-en-Provence, en appliquant une double méthode.
D’une part il exige une hygiène rigoureuse, les cadavres étant ensevelis dans de la chaux vive, et tout ce qu’ils ont touché étant jeté au feu, d’autre part il prescrit aux bien portants une sorte de vaccination découverte par Paracelse dont il connaissait le secret, avec ordre de se réfugier dans le massif de la sainte-Baume.
Le 11 novembre 1547, il se marie avec Anne Ponsard, de salon, veuve de Jean Beaulieu. Il voyage ensuite en Italie, pour, en 1550, définitivement se fixer dans le pays de sa femme, Salon-de-Provence, et se consacre à sa famille, à ses concitoyens et à la publication de son œuvre.
Michel de Notredame utilise, pour soigner les malades, l’astrologie médicale, les préceptes de Galien, des médicaments par les plantes qu’il fait fabriquer par un apothicaire de Marseille. En 1553, il finance le canal qui amène l’eau de la Durance à Salon, construit par son ami Adam de Craponne. En 1555, il publie à Lyon ses sept premières centuries. Il est invité à la cour de France par Catherine de Médicis pour tirer l’horoscope des enfants royaux.
En 1559 a lieu le funeste tournoi entre le roi Henri II et son capitaine des gardes, Montgomery.
Le roi, qui a reçu un éclat de lance dans l’œil, meurt malgrès les soins d’Ambroise Paré. Episode qui va contribuer indirectement à la renomée de Nostradamus.
Dans la centurie I, 35, n’a-t-il pas écrit, quatre ans auparavant :
Le lyon jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux luy crevera
Deux classes une, puis mourir, mort cruelle.
Sur la recommandation de Catherine Médicis, il est nommé médecin et conseiller du roi de France. A Salon, les fanatiques catholiques le soupçonnent d’être luthérien.
Il envisage de s’installer dans les états pontificaux, en Avignon, mais la menace s’estompe. En 1564, la cour de France vient lui rendre visite à Salon. Il est confirmé officiellement dans ses titres de medecin et conseiller du Roi. C’est au cours de cette visite que Michel de Notredame aurait prédit la royauté à Henri de Navarre, futur Henri IV, alors agé de dix ans.
Michel de Notredame souffre de la goutte, et pressent, à presque soixante-trois ans, sa mort prochaine. Il rédige son testament le 17 juin 1566, et meurs dans la nuit du 2 juillet.
La première édition des centuries parut à Lyon en 1555, la seconde à Avignon en 1558, la troisième à Paris en 1568, complétée par son fils César de Notredame.
César de Notredame, né à Salon en 1555, mort à Saint-Rémy en 1629, s’adonne, après ses études de droit, aux lettres et aux Arts.
Louis XIII lui confère le titre de gentilhomme ordinaire de la chambre.
Michel de Nostradamus, le second fils du devin, dit Nostradamus le jeune, et cadet de César, tente, avec moins de succès, de prédire l’avenir comme son père, et composa même un traité d’astrologie(1563).
Mais sa funeste gloire lui vient de la bourgade du Vivarais, Le Pouzin : ayant prédit que la ville, assiégée par les troupes royales, serait détruite par les flammes, et pour ne pas se donner tort, il mettra lui-même le feu à plusieurs maisons.
Les Centuries
Qu’est-ce que les centuries ?
Nostramus, sans doute sympathisant des réformes, devant les dangers dus à la guerre civile entre Catholiques et Protestants (il a failli par deux fois périr de la main de fanatiques) aurait occulté ce qu’il avait découvert sur l’avenir de l’humanité.
Les centuries sont un long poème de mille quatrains (quatre vers chacun), censé raconté les événements à venir du XVIe siècle jusqu’à une époque indéterminée.
Depuis quatre cents ans, de nombreux commentateurs ont essayé de prédire l’avenir à partir de ce texte obscur en vieux français sans repères chronologiques.
La véracité de ses prédictions dépend de l’habileté de ses traducteurs …. On lui a tout fait dire, ou presque : la mort du dauphin Louis XVII, la seconde guerre mondiale, la guerre froide, la chute du communisme.
Même les informaticiens ont tenté de le décrypter. Jusqu’à présent, ses exégètes ont surtout démontré la véracité de ses écrits à partir d’événements passés ; les clefs de l’avenir selon Nostradamus sont envore à trouver.
Estant assis de nuit secret estude,
Seul repousé sus la selle d’aerain,
Flambe exigue sortant de solitude,
Fait proferer qui n’est à croire vain.
La verge en main mise au milieu des BRANCHES
De l’onde il moulle & le limbe & le pied.
Un peur & voix fremissent par les manches,
Splendeur divine. Le divin prés s’assied.
Que ceux qui liront ces vers les méditent mûrement.
Que le profane, le vulgaire, l’ignorant n’approchent pas.
Arrière tous les Astrologues, les Ignares, les Barbares.
Qui transgresse cette défense soit maudit selon le rite sacré.
|