Laurent Medium

Version complète: Crise de foi
Vous regardez actuellement la version basse qualité d'un document. Voir la version complète avec le bon formatage.
Mon Père,


Pour commencer, pardonnez-moi d’avance mon audace, ma maladresse et sans doute d’abuser de votre temps. D’ailleurs, je ne sais même pas si cela se fait, d’écrire à un prêtre. Simplement, mon Père, je souhaiterais comprendre certaines choses, et vous êtes, je crois, la personne la plus « apte » à m’éclairer.

Voilà : je crois que j’ai perdu la foi. L’ai-je jamais eue ? Qu’est-ce que la Foi ? Peut-être suis-je tout bêtement en train de traverser une crise de scepticisme. A-t-on seulement le droit de douter ? Le doute constitue-t-il un péché ?

Quand j’étais petite, on m’a appris certaines « règles » à ne pas enfreindre sous peine de mécontentement de Dieu, et de voir mon âme perdue (je schématise). Finalement, pour moi enfant, ce Dieu était un peu comme un parent qui me grondait quand je faisais des bêtises. Si l’on y réfléchit, c’étaient là seulement quelques règles élémentaires de vie, de respect, d’amour. Existe-t-il quelque chose de plus profond ?

J’ai ainsi vécu dans ce schéma de pensée, très simpliste sans doute, plus de 20 ans. Aujourd’hui, mon Père, je m’interroge, et suis terrifiée à l’idée de réaliser que je ne sais rien de plus de ce Dieu. Car désormais, je refuse de croire sans comprendre. Pourtant, souvent j’y pense ; j’ai besoin de me raccrocher à une puissance supérieure, à ce Dieu si bon. Mais je n’arrive pas à me faire une idée plus précise : est-ce dans son coeur, dans son âme, dans le quotidien ou dans la prière qu’on Le perçoit le mieux ?

Bien des miracles de notre Bible ont pu être expliqués scientifiquement, et cela me désoriente. Bien sûr, il ne tient qu’à moi de ne pas y porter attention, et de continuer à croire que Dieu est bien à l’origine de Tout. Suffit-il d’être irrationnel ?

Cela fait des années que je ne me suis confessée, la dernière fois m’ayant affreusement déçue. Je suis ressortie du confessionnal austère en me sentant plus « lourde » qu’en y entrant. Mais, mon Père, les serviteurs de Dieu ne sont-ils pas là pour nous instruire, nous réconforter, nous guider, nous comprendre, peut-être ? N’êtes-vous pas,
vous-même, humain ?

Seigneur, étais-je à ce point coupable ? Ou indigne ? Culpabiliser les fidèles est-elle la meilleure façon d’attirer les brebis, de surcroît égarées ? Depuis, je n’ai plus envie d’aller à la messe ni, évidemment, de me rendre à confesse. Parce que je n’y trouve pas Dieu. Parce que, comme cette terrible fois où je ne me suis pas sentie « pardonnée », j’ai été effarée, et dégoûtée. Mais comprenez que ça me terrifie, mon Père ! Réellement, profondément. Je réalise ainsi que j’ai vécu toutes ces années sans me poser de questions. Je me disais simplement : « je crois ». Et de réaliser que je ne sais rien de ma religion m’effraie encore plus.

Mon Père, faut-il seulement croire aveuglément, et ne pas chercher à comprendre, ou existe-t-il d’autres manières d’entrevoir ce qu’est Dieu ? Pourquoi personne ne m’explique-t-il mieux ? On me parle de Jésus, de Moïse, de miracles et l’on m’assure que Dieu est au-dessus de tout ça. Mais qui est Dieu, alors ? Pourquoi n’a-t-il pas une histoire à lui ? Ou je ne la connais pas ? Ou bien encore, je n’ai vraiment rien compris.

Aidez-moi, mon Père, je suis perdue. Je veux croire. Ce n’est pas possible que notre existence se résume à un insignifiant passage sur la Terre dans une enveloppe charnelle. Il doit bien y avoir « quelque chose », quelqu’un, un endroit, un mot, je ne sais pas. Dites-moi comment faire pour le trouver ! Indiquez-moi un chemin, des lectures, un plan, que sais-je ? Quelqu’un vers qui me tourner ? Quelqu’un qui pourra m’expliquer, sans me dire simplement : « il faut croire, mon enfant ».

Si l’on ne croit pas, est-on forcément mauvais ? Notre âme sera-t-elle réellement perdue ? Que devient-elle alors ? Voyez, mon Père, j’ai presque honte d’écrire ces mots : j’ai l’impression de blasphémer. Je n’ai même pas le courage de venir vous voir directement. Je crois que j’aurais trop peur : de voir à quel point, vous, vous croyez. Et aussi de ne pas avoir de réponses à mes questions. À-t-on moins peur quand on a la Foi comme vous ?

Jusqu’à ce jour, j’ai l’impression d’avoir vécu dans l’hypocrisie et l’ignorance la plus totale. Pourtant, encore une fois, je VEUX croire. Mais je veux d’abord savoir.

Pensez-vous que je serai châtiée, pour avoir osé ces questions ? Ai-je manqué de respect à Dieu ?

Hélène.

____________________________________________________________


Tu m'as souri ce soir

Tu m’as donné de vivre, tu m’as donné d’aimer,
Que règne ton amour, que je vive à jamais.
Tu m’as dit de te suivre, tu m’as dit de chanter,
Je chante ton amour, éclaire mon sentier.

Pourtant, Seigneur, je suis resté de pierre.
Pourtant, Seigneur, mon frère attend toujours.
J’ai fait, Seigneur, l’école buissonnière ;
J’ai fait, Seigneur, taire mon chant d’amour.

DONNE-MOI DE VIVRE,
DONNE-MOI D’AIMER,
JE VOUDRAIS TE SUIVRE,
JE VOUDRAIS CHANTER. (BIS)

Tu m’as donné ta paix, tu m’as donné ton corps ;
Que je tombe souvent, tu me relèves encore.
Tu m’as donné l’épée pour vaincre ma faiblesse,
Tu m’as donné ton sang pour noyer ma tristesse.

Pourtant, Seigneur, mon cœur a pris les armes,
Pourtant, Seigneur, j’ai refusé ta vie.
J’ai fait, Seigneur, verser nombreuses larmes,
J’ai fait, Seigneur, de l’ombre et de la nuit.

DONNE-MOI TA PAIX,
DONNE-MOI TON CORPS,
DONNE-MOI TON SANG
ET PARDONNE ENCORE (BIS)

Tu m’as donné la joie où brûle ta lumière,
Tu m’as donné l’espoir que porte ma prière ;
Tu m’as donné la foi comme un nouveau baptême,
Tu m’as souri ce soir, et tu m’as dit : « Je t’aime »

Pourtant, Seigneur, j’avais perdu tes rives,
Pourtant, Seigneur, j’avais perdu ta main.
J’ai fait, Seigneur, tarir ta source vive,
J’ai fait, Seigneur, des trous sur ton chemin.

DONNE-MOI TA JOIE,
DONNE-MOI L’ESPOIR,
SEIGNEUR, RESTE AVEC MOI …
TU M’AS SOURI CE SOIR (BIS)

PoM 17-03- 72
____________________________________________________________

Que dire? Que faire? Que croire?

Que dire ?
Que faire ? Que croire ?

Impasse du temps qui passe.
Tout n’est que mouvement et incertitudes.
Tourbillon, changements, vicissitudes,
Evolution…

Nous ne cessons de jeter un œil par-dessus notre épaule,
De peur d’aller de l’avant.
Nous nous rattachons à ce que nous abandonnerons irrémédiablement,
Tôt ou tard.

Accrochés comme des moules à des rochers,
Cramponnés fébrilement,
Relâchons la prise,
Laissons-nous emporter par le courant,
Laissons venir,
Laissons couler les mots,
Au fil de l’encre,
Au fil des flots,
Au fil des pensées
Du bout des lèvres et du fond du coeur.

Une feuille de platane légèrement rougie par les énergies automnales flotte nonchalamment à la surface de l’eau,
Au centre de la rivière,
Juste là où le courant est calme.
Elle se laisse porter,
Sereinement entraîner vers la plaine,
Vers l’océan,
Vers l’inconnu.
Elle n’est guère inquiète.
Elle est confiante.
Elle profite du moment présent.
Sans se poser de question.

Fonçons, que diable !
Fred Giniaux
URLs de référence